Carnet d'adresses

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TéléMoustique 3874 du 26 avril 2000

 

Touche pas à mon MP3!

Le feuilleton MP3 n'est pas prêt de s'arrêter. Malgré la pression morale et judiciaire des géants du disque, la popularité du concept ne faiblit pas: elle s'enrichit seulement d'ingéniosité. La preuve par Shawn Fanning, un étudiant américain de dix-neuf ans. L'an dernier, il s'est plongé dans l'écriture d'un petit logiciel qui suscite aujourd'hui des sueurs froides au sein des membres de la toute puissante Recording Industry Association of America. Les dix-huit labels représentées par cette dernière n'apprécient pas, mais alors pas du tout, "Napster" ("http://www.napster.com/"; à ce stade, seule la version Windows est finalisée: les utilisateurs de Macintosh trouveront "Macster", un logiciel de la même veine, à "http://www.macster.com"). Ce programme n'a pourtant qu'un rôle finalement restreint: servir de lien entre des internautes. Mais il le fait de manière précise et efficace: il "scanne" le disque dur d'un utilisateur et publie dans une vaste base de données la liste des chansons MP3 qu'il contient. Par la suite, n'importe quel internaute disposant de "Napster" n'a qu'à taper de le titre de la chanson ou le nom du chanteur qui l'intéresse: en quelques secondes, il découvrira une liste de "possibilités". Chacune correspond à un enregistrement stocké sur le disque dur personnel d'un autre utilisateur, quelque part dans le monde. Il suffit d'un "clic" pour en rapatrier une copie sur le vôtre. C'est tellement performant que, dès décembre, les firmes de disques ont porté l'affaire devant les tribunaux. Et le 13 avril, c'est le groupe Metallica qui attaquait en justice.

Napster et Macster sont gratuits. Pour Shawn Fenning, l'intérêt financier escompté vient des prises de participation dans son entreprise. Et comme celle-ci croît de jour en jour, elle suscite l'attention du marché. Et génère des "imitateurs". Les derniers en date ne sont pas tristes. Il y a d'abord GNUtella ("http://gnutella.wego.com"), un logiciel qui met directement en contact les internautes sans plus passer par un serveur central. Il crée une espèce de toile autonome à l'intérieur d'Internet dont il reprend la structure. En outre, son code source est disponible, ce qui permet à chacun de l'améliorer, voire de le réécrire si une décision de justice devait tenter de l'interdire.

L'autre acteur, c'est "Scour Exchange" ("http://sx.scour.com"). Même philosophie que Napster mais élargie: en plus du MP3, il propose une base de données de photos et de séquences vidéo: des clips, des bandes annonces de films,… On n'en est pas encore à pouvoir télécharger des films entiers (y aurait-il seulement de l'intérêt pour des séances de "download" de plusieurs heures…?), mais…

 

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