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Inforoutes et langue française
En dépit de l'absence d'un quelconque Ministre qui aurait représenté nos Communautés et Régions, la récente Conférence des ministres francophones chargés des inforoutes (TM3720) s'est déroulée normalement et a abouti à la Déclaration de Montréal ("http://www.tecsult.com/cmf/DeclMtl.htm"). Un chouette document et tout et tout où il est stipulé que le "développement des inforoutes en Francophonie reste d'une urgente nécessité". Jusque là, on est d'accord. Mais cela ne va guère plus loin. Dans le style "on va se gargariser de beaux mots et surtout ne pas s'engager dans des objectifs concrets pour ne devoir faire aveu d'échecs lors de notre prochaine réunion", c'est assez remarquable. On y lit que les Ministres ont décidé de concentrer leur action dans divers domaines: "favoriser l'accès aux autoroutes de l'information, sensibiliser prioritairement la jeunesse ainsi que les utilisateurs, les producteurs et les décideurs", etc. C'est bien beau, mais ce qui aurait été intéressant, c'est de dire comment, avec quels moyens et dans quel délai ces vÏux pieux pourraient se réaliser. Notez qu'il y a un vague espoir, ledit rapport évoquant notamment "la création d'un fonds francophone pour le développement des inforoutes, dans le cadre du fonds multilatéral unique et géré par les mêmes instances, tout en faisant l'objet d'un chapitre budgétaire individualisé." Il y a urgence. Selon une étude ("http://babel.alis.com:8080/palmares.html") menée par Babel, un groupe formé par Alis Technologies et l'Internet Society, l'anglais occuperait aujourd'hui plus de 82% du contenu du Web. Avec 1,5 % (!), le français n'est plus second: il se serait fait dépasser par l'allemand (4 %) et le japonais (1,6 %)... Face à cette situation et devant l'absence de politique commune efficace des pays francophones, c'est l'individualisme de l'un ou l'autre qui pourra faire avancer les choses. Le Québec et la France sont en point de mire. Chez nos voisins, un remarquable rapport sur l'utilisation des nouvelles technologies a été remis voici quelques semaines à celui qui était encore Premier Ministre ("http://www.telecom.gouv.fr/francais/activ/techno/rapportpml00.htm"). Il annonce dix priorités dont la première consiste à "affirmer la volonté politique de bâtir la société française de l'information". Il suggère d'attribuer à chaque étudiant une adresse électronique et fixe des objectifs à atteindre dans un délai de trois ans. Par exemple, "tout élève ou étudiant sortant du système scolaire devra maîtriser la pratique des réseaux électroniques". Il propose aussi d'accorder "pendant deux ans une réduction d'impôt sur le revenu égale à 20 ou 25 % du coût d'achat d'un équipement informatique communicant dans la limite de 10.000 FF", d'abaisser "à 5,5% le taux de TVA sur les produits et services multimédia" ou d'accorder "à la presse électronique les avantages fiscaux de la presse papier en délivrant un agrément aux sites répondant à certains critères". Le nouveau gouvernement français va-t-il suivre ce rapport? On espère en tout cas qu'il ira plus loin que la "francisation" acharnée de certains termes. On connaissait déjà l'absurde "cédérom", recommandé par l'Académie en lieu et place de CD-Rom, mais l'une des dernières décisions d'Alain Juppé en tant que Premier ministre aura été de retenir l'abréviation "Mél." en lieu et place de E-mail. N'importe quoi!
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